• Qu’est ce que le communisme ?

La propriété commune des moyens de production signifie la libre utilisation de ces moyens de production par chacun.Cela n’est possible qu’avec l’activité libre de l’individu de sorte qu’il ne soit plus subordonné à la division du travail.

La propriété commune des moyens de production signifie donc nécessairement l’activité libre des individus.D’autre part, la libre disposition des moyens de production signifie aussi la libre disposition de touts les produits de consommation puisse que les produits ne sont que la forme achevée des moyens de production par l’activité des individus eux-mêmes.

La propriété commune des moyens de production correspond au stade le plus élevé de la richesse pour chacun puisque l’individu peut accéder librement à n’importe quel objet de consommation de la société[avec le dépassement de la spécialisation des chômeurs et de ce qui restera des travailleurs salariés, touts les produits et services sans exception seront gratuits].Ce stade élevé de la richesse pour chaque individu suppose donc la suppression de la spécialisation ossifiée des travailleurs c’est à dire la nécessité de la formation professionnelle des individus dans toutes les branches productives.

Cette formation professionnelle est devenue une nécessité économique parce que:

« … si la variation dans le travail ne s’impose encore qu’à la façon d’une loi physique, dont l’action, en se heurtant partout à des obstacles, les brise aveuglément, les catastrophes mêmes que fait naître la grande industrie imposent la nécessité de reconnaître le travail varié et, par conséquent, le plus grand développement possible des diverses aptitudes du travailleur, comme une loi de la production moderne, et il faut à tout prix que les circonstances s’adaptent au fonctionnement normal de cette loi. C’est une question de vie ou de mort. Oui, la grande industrie oblige la société sous peine de mort à remplacer l’individu morcelé, porte-douleur d’une fonction productive de détail, par l’individu intégral qui sache tenir tête aux exigences les plus diversifiées du travail et ne donne, dans des fonctions alternées, qu’un libre essor à la diversité de ses capacités naturelles ou acquises« (Karl Marx le capital livre 1)

Pour que la propriété commune des moyens de production puisse être réalisé, il faut  que les moyens de production deviennent propriété d’Etat et cette propriété d’Etat ne devient propriété commune que lorsque la spécialisation ossifiée des travailleurs est supprimée.

  • La contre-révolution léniniste de 1917

Et oui vous avez bien lu, la révolution d’Octobre est décrite sur les médias et sur internet comme une révolution communiste, socialiste mais c’est faux.C’était une révolution bourgeoise  où le parti « communiste » était obligé de s’emparer des moyens de production pour exploiter les travailleurs salariés.

Lorsque les moyens de production deviennent publics et que l’économie est planifiée, on débouche nécessairement sur le communisme c’est à dire le travail spécialisé(la condition de la division de la société en classes antagonistes et de l’exploitation) est supprimé.

Mais pour pouvoir exploiter les salariés, dans le cadre de l’étatisation des moyens de production, le parti « communiste » soviétique développait plus rapidement la production des moyens de production que la production des objets de consommation (c’était là le secret de l’exploitation soviétique que nos « communistes » actuels se gardent bien d’en parler).Cela permet de dégager une marge bénéficiaire(que j’appelle plus-value d’Etat) pour les dirigeants du parti « communiste ».Bien sûr, les salariés ne pouvaient pas consommer cette plus-value d’Etat (la pénurie chronique oblige).

L’exploitation soviétique impliquait la pénurie chronique des biens de consommation.

Cette exploitation des travailleurs entraînait un développement anarchique et anormale de l’économie soviétique et débouchait sur des crises de pénurie chronique.Ces crises de pénuries ont fini par emporter le système en 1991.

La crise de pénurie a été pour la première fois  rendue public par Trotski lui-même, lors du 12 e congrès du P « C » R(b), sous le nom de « Crise des ciseaux ».Mais Trotski par prudence ne fournit pas la cause réelle de cette crise qui découlait d’une pénurie des objets de consommation pour les ouvriers et surtout pour les paysans.

Mais le 12 avril 1926, Trotski devient un peu plus clair(la « Crise des ciseaux » continue tout au long de la NEP ):

« La contradiction capitale de notre situation économique actuelle, qui est en même temps celle des relations entre la ville et la campagne, consiste en ce que l’industrie d’Etat retarde sur le développement de l’agriculture[Ici, Trotski se perd mais le fait qu’il reconnait l’existence d’une « contradiction capitale » nous intéresse]. La production industrielle ne satisfait pas la demande solvable….Pratiquement parlant, une bonne récolte — en l’absence de marchandises industrielles — peut signifier une utilisation croissante du blé pour la distillation clandestine [marché noir et pénurie vont toujours ensemble !] de l’alcool et des queues plus longues devant les boutiques dans les villes [pénurie pour les ouvriers]. »

Une année plus-tard (3 décembre 1927), la « Crise des ciseaux » prit le nom de « Crise des graines« (expression utilisée par  Staline) et celui-ci fournit l’explication scientifique du phénomène, il reconnait enfin que la pénurie des objets de consommation est dû au développement plus rapide de la production des moyens de production par rapport à la production des objets de consommation  mais évidemment pour l’exploiteur à cœur de pierre Staline , cette pénurie est inévitable, on peut seulement essayer de la diminuer mais jamais la supprimer(Un peu comme la suppression du chômage est considérée comme utopique par les capitalistes actuels). Staline:

« Nous avons, par exemple, une certaine disette de marchandises. C’est une lacune dans notre économie, une lacune encore inévitable malheureusement. La production des instruments et des moyens de production s’opérant à un rythme plus rapide que celui de l’industrie légère[production des objets de consommation], ce seul fait implique de lui-même que la disette de marchandises se fera encore sentir quelques années« (3 décembre 1927, Questions du léninisme tome 2, p.51)

Staline précise « se fera encore sentir quelques années » mais la crise de pénurie continua tout au long de l’histoire de l’URSS et fini par emporter le système à la fin  des années 80.

Les témoignages de pénurie ne manquent pas.Je donne ici quelques uns parmi beaucoup d’autres sur Internet:

Dans un article du journal français Le Monde datant du 17 mars 1983,  le vice-ministre du Commerce soviétique  Pyotr Kordrachov parlait ainsi dans le « Pravda« :

« Ainsi, à l’heure actuelle, le plan de production de l’industrie légère est non coordonné pour un ensemble de produits correspondant à près de 1,3 milliard de dollars…Dans le plan annuel, cette somme abstraite représente en fait des milliers de paires de chaussures et des millions de vêtements »

Traduction: Le vice-ministre annonçait ainsi qu’il y aurait une pénurie de 1,3 milliards de dollars en valeur correspondant à « des milliers de paires de chaussures et des millions de vêtements ».Evidemment une pénurie pour la seule classe populaire soviétique.Les dirigeants « communistes » se protégeaient de la pénurie grâce aux magasins spécialisés et à des privilèges.

Et en 1989, la crise de pénurie devient terminale.Par exemple, voir ce reportage audio du 11 août 1989 de la RTS(Radio télévision suisse), il y a des témoignages de soviétiques ordinaires(ouvriers, employés,etc.) sur la grave crise de pénurie qui s’y déroulait.

Et on connaît la suite, le pouvoir fût renversé et remplacé par une nouveau système d’exploitation : le système capitaliste classique qui domine à présent et qu’il faudra évidemment renverser par une révolution violente.On revient donc au point de départ.La révolution de 1917 était donc, par rapport au communisme véritable, réactionnaire.

  • L’avenir du communisme

Après la contre-révolution soviétique, le communisme ne peut plus être borné aux seuls revendications de la nationalisation et de la planification de l’économie.Le nouveau parti communiste(à construire car il n’existe de parti ou organisation communiste nulle part sur la planète) doit mettre en avant la nécessité du développement plus rapide de la production des objets de consommation par rapport à la production des moyens de production dans le cadre d’une économie nationalisée et planifiée.

Avec cette mesure le capitalisme d’Etat devient impossible, le travail spécialisé est supprimé et est remplacé par le travail varié puis l’activité libre.Avec l’activité libre de l’individu, les moyens de production deviennent communs et la propriété privée se trouve abolie.

Le fait qu’il n’existe pas de parti communiste dominant aujourd’hui est dû à la faiblesse numérique de la classe chômeuse par rapport à la classe salariée réactionnaire .

Cette classe salariée constitue une véritable armée qui veut conserver le salariat et est incapable d’avoir la conscience collective de classe  de l’abolition positive du salariat.Bien sûr, une minorité de salariés peut avoir la conscience communiste(en faisant des études, Internet,etc.) mais la majorité des salariés(et donc la classe), du fait de leur spécialité borné et de leur salaire qui leur permet de bien gagner socialement(acceptable) leur vie, sont incapables d’avoir une conscience communiste théoriquement élevée.

Bien qu’elle soit opposé(syndicalisme, réformisme) à la classe capitaliste, la classe salariée forme avec la classe capitaliste une superclasse, dont la direction est assurée par la classe capitaliste, en antagonisme direct avec la superclasse des chômeurs.

La lutte entre la classe capitaliste et la classe salariée n’est pas déterminante pour la société communiste à venir mais celle entre la superclasse du salariat et la superclasse des chômeurs.

Avec la loi de la hausse tendancielle du taux de chômage sur le long terme, l’augmentation de la durée de chômage et d’emplois précaires, le chômeur prend conscience de la gravité de sa situation et devient nécessairement révolutionnaire.C’est seulement à l’intérieur de la classe chômeuse que naîtra le véritable parti communiste, conscience politique de cette classe.Karl Marx était, dans ce sens, donc le premier grand économiste, historien et révolutionnaire appartenant à la classe chômeuse sans le savoir.

Plus la classe chômeuse se développera, plus la nécessité de leur propre parti  révolutionnaire se ferra sentir.Ce qui est sûr, lorsque les chômeurs seront majoritaires(ce qui est inéluctable) parmi la population, le parti sera déjà là, très puissant et sera la première force politique dans les pays les plus avancés d’abord puis dans le reste du monde.

 

 

Chômeurs et travailleurs précaires de touts les pays, unissez-vous pour l’abolition définitive du salariat !

Mis à jour le 06/04/2017

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