F.Engels sur la loi du travail varié.

Par principe du travail varié, j’entends  la nécessité, aujourd’hui, de supprimer la spécialisation à vie du travailleur.

Cette suppression n’est pas une fantaisie ou un vœux pieux mais la condition d’utilisation normale de l’industrie et des machines en général(y compris donc les ordinateurs).Sans cela,  le chômage ne peut être supprimé.

Je donne ici un extrait de l’Anti-Duhring d’Engels où il parle de la nécessité de  supprimer l’ancienne division du travail.Par ancienne division du travail, il faut entendre la subordination de l’individu à la division du travail donc la spécialisation à vie du travailleur.

En se rendant maîtresse de l’ensemble des moyens de production pour les employer socialement selon un plan, la société anéantit l’asservissement antérieur des hommes à leurs propres moyens de production. Il va de soi que la société ne peut pas se libérer sans libérer chaque individu. Le vieux mode de production doit donc forcément être bouleversé de fond en comble, et surtout la vieille division du travail doit disparaître. A sa place doit venir une organisation de la production dans laquelle, d’une part, aucun individu ne peut se décharger sur d’autres de sa part de travail productif, condition naturelle de l’existence humaine; dans laquelle, d’autre part, le travail productif, au lieu d’être moyen d’asservissement, devient moyen de libération des hommes, en offrant à chaque individu la possibilité de perfectionner et de mettre en oeuvre dans toutes les directions l’ensemble de ses facultés physiques et intellectuelles, et dans laquelle, de fardeau qu’il était, le travail devient un plaisir.

Cela n’est plus aujourd’hui une fantaisie, un vœu pieux. Avec le développement actuel des forces productives, l’accroissement de la production donné dans le ! fait même de la socialisation des forces productives, l’élimination des entraves et des perturbations qui résultent du mode de production capitaliste, celle du gaspillage de produits et de moyens de production, suffisent déjà, en cas de participation universelle au travail, pour réduire le temps de travail à une mesure qui, selon les idées actuelles, sera minime.

Il n’est pas vrai, d’autre part, que la suppression de l’ancienne division du travail soit une revendication uniquement réalisable aux dépens de la productivité du travail. Au contraire, par la grande industrie, elle est devenue condition de la production elle-même.

“ L’exploitation mécanique supprime la nécessité de consolider cette distribution en enchaînant, comme dans les manufactures, pour toujours, le même ouvrier à la même besogne. Puisque le mouvement d’ensemble de la fabrique procède de la machine et non de l’ouvrier, un changement continuel du personnel n’amènerait aucune interruption dans le procès de travail… Enfin, la rapidité avec laquelle les enfants apprennent le travail à la machine supprime radicalement la nécessité de le convertir en vocation exclusive d’une classe particulière de travailleurs  [5]. ”

Mais tandis que le mode capitaliste d’emploi du machinisme est obligé de perpétuer la vieille division du travail avec sa spécialisation ossifiée, bien que celle-ci soit devenue techniquement superflue, le machinisme lui-même se rebelle contre cet anachronisme. La base technique de la grande industrie est révolutionnaire.

“ Au moyen de machines, de procédés chimiques et d’autres méthodes, elle bouleverse avec la base technique de la production, les fonctions des travailleurs et les combinaisons sociales du travail, dont elle ne cesse de révolutionner la division établie en lançant sans interruption des masses de capitaux et d’ouvriers d’une branche de production dans une autre. La nature même de la grande industrie nécessite le changement dans le travail, la fluidité des fonctions, la mobilité universelle du travailleur… Nous avons vu que cette contradiction absolue… finit par détruire toutes les garanties de vie du travailleur…, qu’elle aboutit… à la dilapidation la plus effrénée des forces de travail et aux ravages de l’anarchie sociale. C’est là le côté négatif. Mais si la variation dans le travail ne s’impose encore qu’à la façon d’une loi physique dont l’action, en se heurtant partout à des obstacles, les brise aveuglément, les catastrophes mêmes que fait naître la grande industrie imposent la nécessité de reconnaître le travail varié et, par conséquent, le plus grand développement possible des diverses aptitudes du travailleur comme une loi de la production moderne, et il faut à tout prix que les circonstances s’adaptent au fonctionnement normal de cette loi. C’est une question de vie ou de mort. Oui, la grande industrie oblige la société, sous peine de mort, à remplacer l’individu morcelé, porte-douleur d’une fonction productive de détail, par l’individu intégral qui sache tenir tête aux exigences les plus diversifiées du travail et ne donne, dans des fonctions alternées, qu’un libre essor à la diversité de ses capacités naturelles ou acquises  [6]. ”

Longtemps caché aux yeux des travailleurs par Lénine puis par ses successeurs(J. Staline, Trotski, Khrouchtchev… jusqu’à nos jours.Le léninisme a été le véritable fossoyeur du communisme au 20 e siècle.Mais si cela été possible, c’est que le niveau moyen scientifique des travailleurs en économie politique était très bas et cela favorise le contrôle de leur direction politique par n’importe quel fraction opportuniste petite bourgeoise, en l’espèce, le léninisme.

Et ce niveau bas en économie politique était lui-même dû aux développements insuffisants des moyens de communication.Les prolétaires étaient donc isolés sur le plan scientifique.

L’économie politique communiste ne peut être appliquée que par les prolétaires associés parce que leur condition de vie(chômage, travail précaire) l’exige.Tant que l’économie politique reste le monopole d’une minorité de travailleurs, la révolution est impossible(trahison léniniste, le réformisme en occident)

La maîtrise du Capital par le travailleur moyen est donc une condition nécessaire pour révolutionner la société actuelle.

Conclusion

La tâche historique de la classe laborieuse est claire:

1° D’abord la nationalisation de l’économie

2° Ensuite la planification de l’économie. Cette planification ne pouvant se faire sans le principe du travail varié.La planification se fait par le travail varié et pour la variation du travail.

 

Publicités

A propos Jao Aliber

Je me définis comme un enseignent-chercheur dans le domaine du marxisme.J’éprouve un grand plaisir d’explorer ce domaine cela me viens du fait que depuis enfant la politique, l’économie, la philosophie, l’histoire étaient une grande curiosité pour moi , une porte pour découvrir les autres peuples. Lors de mes études supérieures au Maroc, j’ai vraiment découvrit et compris le marxisme à travers Internet(le cerveau de l’humanité en gestation !), c’était une bouffée d’oxygène incroyable.Toutes les contradictions sociales(misère, chômage) prennent un sens dans la société actuelle. Mes études théoriques que je publie ici ou ailleurs (Agoravox) ne sont qu’une contribution à la conscience scientifique d’une nouvelle superclasse de chômeurs et précaires qui monte actuellement.Au début je ne le savais pas, je ne l’ai su qu’après coup comme résultat de la lutte des classes dans le domaine théorique.
Cet article a été publié dans Transition et Société communistes. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s