Le socialisme de rosa luxembourg

La croissance du capital constant aux dépens du capital variable n’est que l’expression capitaliste des effets généraux

de la productivité croissante du travail. La formule c > v traduite de la langue capitaliste dans la langue du processus

du travail social, veut dire simplement : plus la productivité du travail humain est grande, plus court est le temps

pendant lequel elle transforme une quantité donnée de moyens de production en produits finis 1. C’est une loi

générale du travail humain – elle fut valable dans toutes les formes de production précapitalistes, et sera valable à

l’avenir dans l’ordre socialiste. Exprimée dans la forme d’usage concrète du produit social global, cette loi doit

s’exprimer dans un emploi toujours plus grand du temps de travail social à la production de moyens de production par

rapport à la production de moyens de consommation. Plus encore, cette transformation devrait avoir lieu encore plus

vite dans un pays à économie socialiste et planifiée que dans l’économie capitaliste actuelle. Premièrement l’usage

d’une technique scientifique rationnelle à une grande échelle dans l’agriculture ne sera possible que lorsque les

barrières de la propriété foncière privée seront abattues. Il s’ensuivra un bouleversement prodigieux dans un grand

secteur de la production, qui aboutira généralement à la substitution du travail humain par le travail mécanique et qui

permettra d’entreprendre des tâches techniques sur une échelle inconcevable dans les conditions actuelles.

Deuxièmement l’application de la mécanique en général dans le processus de production se fera sur une base

économique nouvelle. A l’heure actuelle la machine n’entre pas en concurrence avec le travail humain, mais

seulement avec la partie payée du travail humain. La limite inférieure de l’unité pratique de la machine dans la

production capitaliste est donnée par le coût de la force de travail à laquelle elle se substitue. Ceci veut dire : pour le

capitaliste une machine entre en considération seulement lorsque ses frais de production – compte tenu du même

rendement – sont moindres que les salaires auxquels elle se substitue. Du point de vue du processus social de travail

qui seul doit être déterminant dans la société socialiste, la machine ne doit pas entrer en concurrence avec le travail

nécessaire à la subsistance des ouvriers, mais avec le travail effectué par eux. Cela veut dire que dans une société

qui n’est pas gouvernée par le profit mais qui a en vue l’économie du travail humain, l’emploi de la machine serait

déjà indiqué économiquement lorsque sa fabrication coûte moins de travail qu’elle n’économise de travail humain,

sans parler des cas où, pour des raisons concernant la santé des ouvriers ou toute autre considération ayant en vue

l’intérêt des ouvriers, l’utilisation de la machine peut être envisagée même si elle n’atteint pas cette limite économique

minimum. En tout cas la marge entre l’utilité économique des machines dans la société capitaliste et dans la société

socialiste est égale à la différence entre le travail humain et sa partie payée, c’est-à-dire elle peut être mesurée très

exactement par la plus-value capitaliste. Par conséquent, lorsque les mobiles du profit capitaliste seront abolis, et

l’organisation sociale du travail instituée, le seuil de l’utilisation des machines sera soudainement repoussé de toute la

grandeur de la plus-value capitaliste et un champ immense s’ouvrira à l’expansion triomphale de la machine. C’est la

preuve évidente que le mode de production capitaliste, dont on prétend qu’il est l’aiguillon du développement de la

technique, en fait dresse lui-même des limites sociales très élevées au progrès technique, sous la forme du profit qui

est à sa base. Dès que ces limites seront abolies on verra les progrès techniques se développer avec une puissance

en face de laquelle les merveilles techniques de la production capitaliste apparaîtront comme un jeu d’enfants.

Traduite dans la composition du produit social, cette révolution technique ne peut signifier qu’une chose : la

production des moyens de production dans la société socialiste – mesurée en temps de travail – doit augmenter

encore incomparablement plus vite qu’aujourd’hui, par rapport à la production des moyens de consommation

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A propos Jao Aliber

Je me nomme Jao Aliber. Je me définis comme un enseignent-chercheur dans le domaine du marxisme.J’éprouve un grand plaisir d’explorer ce domaine cela me viens du fait que depuis enfant la politique, l’économie, la philosophie, l’histoire étaient une grande curiosité pour moi , une porte pour découvrir les autres peuples. Lors de mes études supérieures au Maroc, j’ai vraiment découvrit et compris le marxisme à travers Internet(le cerveau de l’humanité en gestation !), c’était une bouffée d’oxygène incroyable.Toutes les contradictions sociales(misère, chômage) prennent un sens dans la société actuelle. Mes études théoriques que je publie ici ou ailleurs (Agoravox) ne sont qu’une contribution à la conscience scientifique d’une nouvelle superclasse de chômeurs et précaires qui monte actuellement(Voir Superclasses et classes).Au début je ne le savais pas, je ne l’ai su qu’après coup comme résultat de la lutte des classes dans le domaine théorique.
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